Château Turcaud en Entre-Deux-Mers

  

CHATEAU TURCAUD en Entre-Deux-mers

L’entre-Deux-Mers, c’est d’abord une mer de vignes, plutôt en blanc qu’en rouge, c’est donc une grande région viticole. C’est aussi une région au riche patrimoine: de charmantes cités anciennes à places à arcades et aux murailles d’enceintes, aux maisons en pans de bois, aux églises romanes, aux moulins, aux lavoirs, aux abbayes et châteaux féodaux ou classiques. C’est enfin une région d’une grande beauté simple, une nature généreuse de bocages et de haies, des vallons et des coteaux  à parcourir à son aise pour le plaisir du regard. Bref, L’Entre-Deux-Mers, un havre de repos et de sérénité…. !!!

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 Un pilier de l’abbaye de la Sauve Majeure…déjà dédié au raisin…. 

Château Turcaud…..de superbes vins blancs de l’Entre-deux-mers

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Eric Bernardin du blog « Boire et manger » et co-auteur de « Crus classés du Médoc » m’avait susuré que ce domaine était un incontournable de la région; c’est pourquoi, mes amis et moi, avons poussé la porte de ce domaine après avoir visité l’abbaye de La Sauve Majeure située à 1Km du domaine.

Mr et Mme Robert,à la retraite, s’affairant dans leur jardin d’agrément sont les premiers à nous accueillir.

Le terroir silicio-graveleux, les pierres blanches de calcaires à astéries de la belle demeure viticole au style classique bordelais font de cet environnement un ensemble léché, lumineux, d’une grande brillance sous le soleil horizontal de ce matin de juin.

Stéphane Le May, gendre de la famille Robert nous accueille face aux vignes et nous explique le cheminement du domaine vers une viticulture de plus en plus respectueuse de l’environnement et qui vise à produire des raisins de grande qualité aromatique.

Nul doute qu’ici, on manie tradition, modernité et vision d’avenir. Rien n’est laissé au hasard tout en sachant qu’il faut faire preuve de professionnalisme pour relever les nouveaux défis et juguler la morosité ambiante qui règne dans le vignoble bordelais….Isabelle et Stéphane Lemay l’ont bien compris.

Entouré d’une équipe professionnelle solide, ils se sont équipés d’un chai qui correspond aux besoins de l’œnologie d’aujourd’hui: Cuves en inox thermorégulées, pressoir pneumatique, mélange parcimonieux de barriques neuves et de plusieurs vins, un chai d’une grande propreté….autant d’atouts qui consolident la maîtrise de la filière de la qualité des produits.

 

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 La dégustation impressionnante de qualité sur les vins blancs et le clairet…..

Des vins d’un indéniable superbe rapport qualité prix : 

Château Turcaud Entre-Deux-mers 2010: le nez est dominé par le sauvignon:des arômes fins, ciselés d’agrumes et de fleurs. La bouche affiche une grande fraîcheur, avec le même régistre aromatique que le nez ; le sémillon apportant de la rondeur dans un ensemble d’un bel équilibre et d’une belle élégance. (6-7€)

Château Turcaud Cuvée Majeure 2010 : Le nez est complexe : amande,abricot,notes de fruits secs grillés. La bouche est du même gabarit, riche et ample mais dans un ensemble élégant et raffiné.Un vin qui a sa place dans une dégustation de Pessac-Léognan blanc….. !  (8-10€)

Château Turcaud Bordeaux Clairet 2010 : un « rosé » gourmand , à la matière riche, aux arômes de framboise, fraise, rhubarbe. Un superbe vin de plaisir pour les BBQ estivaux.(5-6€)

 

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 Revendeurs en Belgique:

 ROB – bld de la Woluwe 28 à Bruxelles – tél. 32-27610166

LUC TAMINAU-PLAISIR DU VIN à Tervuren – tél. gsm 32-478332363

WIJNEN IGNACE – Ieperstraat 46 à Geluwe – tél. 32-57206333

VAN DINTER – Kempenstraat 21 – 3650 Rotem Dilsen – tél. 32-89754695

 

 

 

 

 

A la rencontre de 2 viticulteurs du Beaujolais

Début septembre, étant de passage dans la région , j’ai saisi l’opportunité de visiter 2 viticulteurs au profil différent et sur lesquels j’avais lu le plus grand bien.

Georges Duboeuf, affirmant à propos du millésime 2009, qu’il n’avait jamais connu pareille qualité (pourtant,l’homme a quelques millésimes dans les papilles!!), j’ai voulu vérifier sur place ce qu’il en était et qui sait, me réhabiliter avec le cépage Gamay et les vins qui en résultent dont on dit aujourd’hui qu’ils sont parmi les meilleurs rapport qualité prix de France.

Domaine René Martin à Régnié 

Le domaine de René Martin se situe au sommet du lieu-dit « Py de Bulliat » à Régnié Durette. Ne comptez pas le trouver aisément; soit par chance, vous découvrez l’indication flèchée du lieu-dit parmi tant d’autres, soit vous disposez d’un GPS précis qui détient  la donnée. En ce qui me concerne, mon GPS répondant absent à la sollicitation, c’est de fil en aiguille, en me renseignant auprès des « gens du cru » que j’y suis parvenu. Quel endroit magnifique, il y faisait un temps splendide.

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J’adore les paysages de cette région, cette sensuelle rondeur des monts du Beaujolais…..qui me donne envie d’y rester… ! De la maison du couple Martin, on découvre un paysage à 180°C : sur la droite, le petit village de Régnié avec sa jolie église à 2 clochers; en face, le Mont-Brouilly et sur la gauche, la plaine de la Saöne avec en arrière fond….le Mont Blanc.

Ici, on est vigneron de père en fils, on ne compte d’ailleurs plus les générations. Le domaine compte 8 hectares de vignes, en appelation « Régnié » et « Beaujolais-Village » plantées sur des coteaux d’arène granitique, exposés au sud, sud-est. On est en culture traditionnelle, fumure et traitements raisonnés, vendange manuelle et cueillette triée. L’encuvage se fait en grappes entières et macération semi-carbonnique comme le veut la tradition en Beaujolais. Maîtrise des températures durant la vinification et élevage en fûts de chêne.

Son Beaujolais village 2009 est souple, élégant et harmonieux, du fruit plein la bouche et de la fraîcheur. Bref, de quoi en faire son quotidien, au prix de 4.5€ la bouteille (la même qualité est également disponible en cubi de 5 litres, 10 litres ou même en plus grande quantité pour la mise en bouteilles)

Son Régnié Vieilles Vignes Cuvée Grand-Père dont vous trouverez la description ci-après, est splendide et d’un remarquable rapport Qualité Prix. (7 € la bouteille).  

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René Martin est de passage en Belgique 2 fois par an, n’hésitez pas à le contacter, c’est en toute convivialité qu’il vous fera découvrir ses vins.

 www.beaujolais-renemartin.com

Régnié Vieilles Vignes 2009 Cuvée Grand-Père: Le nez révèle des arômes de cerise noire, de mûre avec quelques notes grillées. En bouche, l’attaque est intensément fruitée, un fruité croquant, juteux et plein de fraîcheur. La structure tannique est bien charpentée, mais les tanins sont mûrs,charnus et non austères. Une belle matière issue d’une vendange bien mûre qui mérite d’être attendue au moins 1 an. 

Château des Bachelards à Fleurie

Le domaine des Bachelards se trouve en contre-bas du village de Fleurie, à l’entrée de celui-ci venant de l’autoroute. ….point besoin de GPS pour le localiser. La demeure est assez imposante, sorte de ferme en carré, qui s’offre à vous une fois le portique franchi…on est dans une très ancienne propriété viticole comme en témoigne la récompense attribuée au domaine en 1894, ainsi que la présence de l’ancien pressoir du 19ème siècle fièrement conservé dans le chais.  Et pourtant….Lilian Bauchet n’en est qu’à sa 4ème vendange, et se définit lui-même dans son blog «  néo-vigneron ». 

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 « Informaticien jusqu’en 2008, j’ai changé de vie pour devenir viticulteur, à Fleurie, dans le Beaujolais des crus. Le « retour à la terre » ne pouvait se faire que dans le respect de celle-ci ; je cultive mes vignes en bio et mes pratiques vinicoles participent de la même logique, en se voulant les plus naturelles possible. »

Lilian est donc bien « Bio Néo Vigneron »……Pour avoir discuté avec lui pendant plusieurs heures, je peux dire que le sympathique gars, amiénois d’origine,donc Picard (…comme nous…!), ayant vécu son enfance à Revin, dans la Thiérache, à quelques encâblures de la frontière belge, ne fait pas dans  le « Bio Bobo », ni le « Bio Intégrisme »….je le qualifierai plutôt de « Bio Rationnel »…convaincu certes … !!!

Notre homme, doté d’un énorme esprit d’entreprise, et d’un moral à toute épreuve, a convaincu son épouse Sophie de le suivre dans une nouvelle vie…leur nouvelle vie. A la tête de sa société d’informatique dans la Somme, il n’a pas hésité à la revendre pour vivre son idéal : vivre au coeur des vignes, sentir battre le pouls de la nature, en être son complice, la diriger vers ce qu’elle a de meilleur, produire un jus de la treille le plus pur possible. Un véritable bonheur, un épanouissement hors norme  malgré le renom à une vie matériellement plus cossue.

Je peux aussi vous dire que le gaillard a vite appris, ses vins sont à la hauteur de son enthousiasme comme vous pourrez le lire à la fin de cet article…

Côté procédés, on retrouve les méthodes traditionnelles du Beaujolais: fermentation en grappes entières, macération carbonique, macération préfermentaire,fermentation en chêne et le moins de manipulations possibles inutiles.

Ses vignes : 5 hectares en Fleurie, sur un sol de texture sableuse issue du grès schisteux dégradé; un hectare de Beaujolais-Village et un hectare de Moulin à Vent. Les rendements sont faibles pour la région, d’où des vins de matière dense, même le Beauj Vill à la chair ronde, mais surtout le Moulin à Vent grand seigneur du Beaujolais, tannique à souhait et donc fidèle à sa réputation: de garde. Le Fleurie moins corpulent, fait plutôt dans le floral, l’harmonie et le plaisir immédiat.

Même dans ses vinification, notre néo vigneron, voudrait être plus audacieux….un premier essai expériemental d’une cuvée sans SO2 ajouté….là, j’étais franchement moins enthousiaste ; surtout qu’ une expérience plutôt désastreuse de dégustation de vins sans soufre est encore bien présente dans ma mémoire !!

Bref, une chouette rencontre qui s’est terminée par un bon plat de pâte et la « vidange » des 5 bouteilles entamées pour la dégustation…

Signe de la grande buvabilité (terme bizarre à la mode) des vins du domaine, j’affichais un tonus surprenant le lendemain matin….. 

www.bachelards.com

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 Beaujolais Village 2009: Le nez révèle des arômes de fruits noirs avec des séquences de grillé et de résine. La bouche révèle d’emblée une matière dense mais veloutée, les arômes sont du même régistre que le nez. La dégustation se termine sur des tanins fondus et à peine suaves. C’est un vin complet issu d’une vendange bien mûre.

Fleurie 2009 « Fut de chêne » : Le nez est floral et sur la groseille, la liqueur de griotte et on note aussi la présence de notes grillées et vanillées. La bouche  se révèle d’emblée séduisante et pleine de fraîcheur. La dégustation se prolonge sur des notes fruitées, grillées et vanillées. Un ensemble plein de finesse et d’élégance.

Moulin à Vent 2008 : Le nez, bien que discret, révèle des arômes de fruits rouges qui se mêlent aux notes vanillées et grillées de l’élevage en chêne. En bouche, on trouve d’emblée une trame tannique néanmoins fine qui permettra de laisser vieillir le vin 2 à 3 ans en cave.Le boisé bien dosé vient relayer les fruits dans une finale assez longue qui laisse traîner au palais des arômes grillés persistants.

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 Fleurie  vue de la Madonne…

 

 

Les crus artisans du Médoc

LES CRUS ARTISANS DU MEDOC

 

Je suis un passionné de la propriété viticole à dimension familiale, celle qui maîtrise elle-même de bout en bout sa viticulture et sa vinification, et qui implique sa tribu dans tout ce processus.

C’est ce que j’appelle la «  France viticole d’en bas », passionnée, travailleuse, soucieuse de la qualité, fière de ses produits, maisons paysannes en pierre avec chais attenant, propriété à taille humaine, héritée de plusieurs générations, le proprio sur son tracteur ou dans son chais, peu de salariés, des vignes et un chais entretenus aux petits soins,…… 

A contrario, je ne me sens pas attiré par les propriétés aux mains des « Gentlemen farmer winemakers », tantôt sortes de citadins châtelains, tantôt financiers de touts bords, tantôt acquéreurs de biens de prestige, tantôt repreneurs-fusionneurs de multiples domaines, finalement peu présents à la propriété, peu impliqués concrètement dans leur processus sauf pour faire supporter au consommateur le coût de leur lourde structure et de leurs amortissements.  

Dans le cadre de cette démarche, je me suis notamment attardé sur une famille de viticulteurs du Médoc, je dis bien « famille » et non « classement » :…les  « Crus Artisans du Médoc» …et ils en valent vraiment la peine .

En bref, cette « famille »regroupe des propriétaires qui se doivent de répondre aux critères suivants :

  • Exploiter eux-mêmes et habiter sur place (donc pas de multiples châteaux)
  • Gérer eux-mêmes le processus total depuis la plantation de la vigne jusqu’à la mise en bouteille
  • Travailler sur des exploitations de petite taille (Généralement inférieures à 8 hectares)
  • Ils doivent aussi recevoir leurs clients eux-mêmes. 

 Cette association possède son propre jury qui a retenu 44 crus dont on peut trouver les coordonnées dans le  « Journal Officiel » de janvier 2006. La mention est désormais protégée et les consommateurs peuvent s’y référer en toute confiance. 

Patrick Dussert-Gerber affirme : »Attention néanmoins à ne pas croire que « les crus artisans » pourraient n’être que la 3ème roue du carosse : il y a parmi eux de nombreux vins qui dament le pion à d’autres voisins plus côtés, et quelques-uns qui, rapport qualité-prix-typicité oblige, sont même supérieurs à des crus classés ». Il mentionne notamment Ch La Peyre, Ch des Graviers et à Ch Béhèré….. !! 

J’ai choisi 4 propriétés d’un excellent niveau et d ‘un excellent rapport qualité / prix…  

1. Château Béhère à Pauillac

Mr Camou est un homme vraiment simple (dans le bon sens du terme !) et il a une chance de « pendu »…..il est en effet propriétaire de 4Ha75 de parcelles morcelées sur les plus célébres croupes graveleuses de Pauillac entre Mouton Rotschild,Pontet Canet et Lafite Rotschild….. !!!! Ces parcelles ont été acquises progressivement par héritage de son père, de son oncle et aussi par un rachat épique de une parcelle à un « communiste local » qui ne prétendait pas vendre à Mouton Rotschild !

 2. Château des Graviers à Margaux

La famille Dufourg exploite, depuis 4 générations, 7 Ha en appelation Margaux et 2 Ha en Haut Médoc à la limite mais en dehors de la célèbre appelation.Ils produisent donc un Haut Médoc , un Margaux et une cuvée prestige (Quintescence) élaborée à partir des vieilles vignes du domaine et élevée 20 mois en chêne neuf chaque année.Par souci de maintenir un haut standard de qualité à cette cuvée, celle-ci n’est pas produite dans les moins bons millésimes.  

3. Château La Peyre à St Estèphe

 René Rabiller  a repris la propriété de ses parents il y a une dizaine d’années. Elle se compose de diverses parcelles d’une superficie de 7.5 hectares côtoyant les plus grands crus de la commune. Il produit des St Estèphe typiques,précis et d’un bel équilibre

4. Château Capdet (St Julien)

Propriété de famille depuis plusieurs générations d’une superficie de 65 ares, directement contiguë au Ch Ducru Beaucaillou (2nd cru classé)….c’est tout dire de la qualité du terroir de graves garonnaises sur lequel repose ce vignoble. Mr Capdet, maintenant retraité, a travaillé pendant plus de 20 ans chez Mouton Rotschild et a donc maintenant le temps de bichonner son jardin de vignes. Cela donne un vin de classe, de garde,élevé en fûts de 1 an du Ch Mouton Rotschild. 

 

Toutes ces propriétés ont ceci en commun : ils ne viendront pas vers vous, pas besoin de marketing, il font très peu de foires,…il faut aller « les chercher » ….Bonne découverte!