Collaboration Carrefour et la Revue du Vin de France à l’occasion de la foire aux vins 2019

Une centaine de vins de la gamme Carrefour France a été notée par les experts de la Revue du Vin de France à l’occasion de la foire aux vins de cette année 2019.

J’ai personnellement acheté 9 vins parmi cette sélection pour les tester et confronter ainsi mon jugement avec ceux des experts de la célèbre revue.

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Cornas « Emotion » 2015 (RVF 15.5/20) 19.95€

Un nez racé de myrtilles et d’épices pour ce vin à la robe sombre. L’attaque en bouche est d’emblée ronde sur une matière charnue et concentrée  bâtie sur des tanins mûrs et veloutés. Côté arômes, on est dans le même régistre que l’olfactif.  La finale s’achève sur une petite amertume tannique. Nul doute que ce vin évoluera de la meilleure façon vu la richesse de sa chair.

Château Lagrézette 2015 Cahors (Malbec 85% Merlot 15%)   18.95€

Ce vin à la robe rouge foncé offre un nez élégant fait d’un mix de fruits rouges et noirs bien mûrs avec des notes finement boisées, des touches de cacao et de graphite.

L’attaque en bouche révèle une matière concentrée, encore très proche du fruit avec des tanins aux grains fins, déjà certes assez lissés. Ce vin savoureux bien construit et bien vinifié porte une concentration qui augure un potentiel de vieillissement important. Néanmoins, cet ensemble puissant est équilibré et harmonieux, ce qui laisse la possibilité de le boire dès aujourd’hui moyennant un coup de carafe de quelques heures sur un plat adéquat comme une viande grillée.

Carerades de Mas Amiel 2016 Côtes de Roussillon Villages (Pépites e la RVF 17/20) 15.95€

Un nez de fruits noirs bien mûrs, de tapenade, d’épices douces et de liqueur de cerise. L’attaque en bouche révèle une matière riche, ample, ronde dont les arômes rapellent l’olfactif. Les tanins sont charnus presque arrondis, juste un peu d’amers sur la fin. L’extraction d’un raisin bien mûr, sans excès…un travail bien fait. Manque un chouias de fraîcheur….mais bon…c’est plus facile à dire qu’à faire!…sur un brochette d’agneau grillée!

Vignes d’Horizon 2017 Rasteau de Marine et Paul Charavin (Pépites de la RVF 16/20) AB    9.95€

Au nez, ça grenache: pruneau sec, figue, touche de caramel, vendange mûre.En bouche, d’emblée une bouche ronde, élégante sur des arômes qui rappellent l’olfactif. Un vin en demi corps, les tanins sont lisses, presqu’inexistants, souples à l’image de la texture du vin. Globalement, fin et féminin. La fin de bouche poursuit sur le même régistre aromatique et quelques amers.

Les Petits Modats 2018 Terrasses du Larzac Domaine Modat    9.95€

Le vin se présente avec un nez doucereux de fruits rouges dans un style macération carbonique dirait on. La bouche est d’emblée charmante, souple, gouleyante sur un panier aromatique de framboise, cerise, fraise. Les tanins sont fins, soyeux et font de ce vin un ensemble agréable à boire sur son fruit dès maintenant. Le prix de 9.95€ me semble néanmoins un peu forcé !

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Chevalier du Château Lagrézette 2017 Cahors Malbec 100% 8.95€

Le nez est peu intense mais subtil sur les fruits noirs et quelques notes épicées.

La bouche s’affiche d’emblée équilibrée sur une matière à demi corps, certes élégante dotée de tanins aux grains fins. Côté arômes, on sent discrétement l’influence de l’élevage en barriques. L’ensemble glisse bien sur le palais, est de bonne qualité sans plus, un vin à la vinification bien maîtrisée et fait pour plaire à un large public.

Château La Sauvageonne 2017 Cuvée Les Oliviers  AB  Vignobles Bertrand (Pépites de la RVf 16/20) 8.95€ 

Le vin affiche un nez ample, complexe sur les épices , la tapenade d’olive sur un fond de fruits noirs bien mûrs. La bouche apparaît d’emblée charnue, chaude sur une matière concentrée dans le même régistre aromatique que le nez. Les tanins sont ronds ce qui fait que le vin peut être bu dès à présent. La finale est longue, dans le même ordre aromatique. Dommage que globalement ça manque un peu de fraîcheur.

Clos Cavenac « Terra » 2016 Côte du Marmandais (Pépites de la RVF 16/20) AB 6.95€

Le nez est sur les fruits noirs. La bouche est sur la réserve, encore un rien rustique . L’ensemble est net et précis, la vinification est juste. A carafer et à tenir idéalement 2-3 ans en cave pour lui donner davantage de volume et de rondeur.

Jamais sans mon Gamay 2018  Beaujolais Villages  Vignoble Jambon    5.95€

Ça fleure bon le gamay juvénile : la groseille, la framboise, le cerise du nord….sans les bananes. En bouche, la souplesse qui ne se prend pas la tête, un jus plein de fraîcheur et de rondeur, un panier de fruits rouges qui tient longtemps le palais et les papilles…un vin d’été parfait, gouleyant à souhait, à boire frais. I like ! ♥♥

 

Quelques crus classés de Graves du webshop Colruyt Grands Vins au Club Oenologique La Moinette à Tourpes (Belgique)

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Rappels

  • L’appelation crée en 1987 a une superficie de 1800 ha
  • Rendement max 54hl/ha
  • Caractéristiques naturelles: Couches diverses de graves, d’argiles et de sables qui assurent, avec le relief mamelonné, un bon drainage de la vigne
  • 80% de vins rouges de cépages: Merlot (56%), Cabernet Sauvignon (37%), Cabernet Franc (4%), Autres 3% (Petit Verdot, Malbec,Carmenère)
  • 20% de vins blancs: Sémillon (73%), Sauvignon (23%), Muscadelle (3%), Sauvignon Gris (1%)
  • 14 propriétés prestigieuses sont classées en « Crus Classés »: Bouscaut, Carbonnieux, Couhins, Couhins Lurton, Domaine de Chevalier, Fieuzal, haut Bailly, La Mission haut Brion, Latour Martillac, Malartic lagravière, Pape Clément, Olivier, Smith Haut Laffite. Enfin Château Haut brion a été classé « Premier Grand Cru Classé » en 1855.

Dégustation présentée et animée par Jean-Christophe Verschelde, Consultant Vins du Groupe Colruyt.

Réserve de Malartic Lagravière 2016 (Merlot 50%, Cab Sauv 45%, Cab Fr 5%)

Le nez est davantage sur de fines notes d’élevage. La bouche est ronde, assez puissante, voire moëlleuse dans sa texture, le vin est précis dans sa vinification. (25.5€)

Château de Fieuzal 2014

Le nez révèle u 1er abord son fruité, ensuite viennent des notes de viande rôtie, de résine de pin. La bouche est faite d’une belle matière équilibrée et élégante. (31.5€)

Château Bouscaut 2016 (Merlot 55%, Cab sauv 38%, Malbec 7%)

Le nez assez intense révèle de fines épices sur un fond de fruits noirs bien mûrs. La bouche est délicieuse, ample, bien construite sur une trame de tanins charnus, le tout sur une plaisante impression de sucrosité. Excellent! (35€)

Château Carbonnieux 2015 

Le nez semble encore un peu fermé mais doté d’un certain potentiel de complexité. la bouche est puissante, assez compacte, séveuse, énergique, sur une trame tannique encore présente mais sans rusticité, en finale une légère sucrosité. (35€)

Le Dauphin d’Olivier (2ème de Ch Olivier) 2016 (Merlot 70%, Cab Sauv 30%)

Le nez est éclatant de fruité. la bouche est sur le même régistre de fruit. A l’aération, apparaissent de fins arômes de grillé et d’épices. C’est friand, juteux, juvénile et élégant! (18.95€)

Château Le Sartre rouge 2015 (Cab Sauv 60%, Merlot 40%)

Le nez est complexe, épices, grillé, légèrement chamignonné. La bouche est dans le même régistre aromatique sur un ensemble d’un bel équilibre avec une trame tannique fine.

Château le Sartre blanc 2016 (Sauvignon 90%, Sémillon 10%)

Le nez se révèle d’emblée élégant, floral, ensuite viennent des notes de fruits exotiques , pour se terminer sur de fines séquences boisées. La bouche affirme un élevage élégant et fondu sur une matière d’une agréable fluidité et d’une belle longueur. Excellent rapport qualité prix (18€)

Un intrus parmi ces crus classé: Château de Chantegrive 2016 (Merlot 60%, Cab Sauv 40%)

Le nez est assez expressif sur des notes d’épices, de grillé, de résine sur un fond de fruits noirs. la bouche se révèle équilibrée, élégante, finement aromatique sur une trame tannique déjà lisse. Très bon rapport qualité prix (16.85€)

Merci à jean-Christophe pour cette belle dégustation sans aucune déception…

…….Et notre coup de cœur de la soirée: Château Bouscaut 2016!

Que boire avec des asperges à la flamande……?

Les asperges à la flamande constituent un plat printanier bien belge qui allie les asperges blanches avec un oeuf cuit dur émietté parsemé sur elles, saucé de beurre frais fondu et décoré de persil frisé.

Pas mal de vins blancs ont la réputation de pouvoir jouir de la compagnie de ce plat et citons en particulier les plus recommandés comme les vins de cépage muscat, mais aussi les vins blancs du Rhône, les vins de cépage chenin et de vermentino, et d’autres vins du Jura paraît il.

En ce qui me concerne,  j’ai marié ce plat des 2 vins suivants …….

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Domaine de la Janasse blanc 2014 Chateauneuf du Pâpe Domaine Sabon (Grenache blanc, clairette, roussane)

Au nez, plutôt fleurs blanches et fruits à chair jaune avec une pointe d’élevage. En bouche, l’attaque est immédiatement tonique, stylisée sur une chair concentrée, fraîche et séduisante. Elle est d’une grande complexité aromatique quelque peu dominée par le bel élevage en barrique (noisette et amande grillée, brioche beurrée, vanille, épices douces) sur un fond de fruits exotiques et de mandarine. La finale est toute en longueur laissant une impression de fraîcheur salivante.

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Rully 1er cru « Le Meix Cadot » Vieilles Vignes 2016 Vincent Dureuil 

Le nez est très expressif sur les fleurs blanches au premier abord, ensuite viennent de délicates notes de bois neuf, de noisette grillée, de beurre frais sur un fond de fruits exotiques .La fraîcheur explose en bouche avec une touche de minéralité saline, ensuite se déploient les mêmes notes aromatiques que le nez. Le tout est tonique, puissant, complexe et superbement ciselé. La finale est interminablement longue sur la fraîcheur des agrumes. Un vin classe au superbe potentiel ; à l’aveugle, on se croirait sur un tout grand vin de la Côte de Beaune !

Ces 2 merveilleux vins ont fonctionné à merveille sur un plat qui en cette saison, s’apparente à un plat de roi facile à réaliser…..!!

Asperges à la flamande

Le projet ambitieux des viticulteurs de Lantignié en Beaujolais

Lantignié est une commune du Beaujolais entre Beaujeu et Régnié dont les vins sont en appelation Beaujolais-Village.

Cédric Lecareux et Frédéric Berne, 2 jeunes viticulteurs visionnaires, fers de lance de Lantignié veulent faire avancer les choses; ils ont créé « L’association des vignerons et terroirs de Lantignié » lieu d’échange et de réflexion autour du thème de la montée en qualité des vins de la commune de Lantignié.

Cette association qui se veut volontariste et ambitieuse pour l’avenir a déjà rédigé un règlement intérieur, sorte de futur cahier des charges d’une appelation « Beaujolais-Lantignié ».

En voici les 1ères règles:

1.Conduite du vignoble:

Des limites de rendement sont envisagées: 50 hecto/Ha pour les rouges et 60 pour les blancs.

Quan aux intrants, un échelonnage serait mis en place concernant leur limitation:

Suppression des engrais de synthèse au 31/03/2018

Interdiction des produits phytosanitaires de synthèse, exceptés les désherbants au 01/01/2020

Interdiction de tout produit phytosanitaire de synthèse au 01/01/2023

2. Vinification

Teneur en SO2 total: limité à 100 mg/l pour les vins rouges tranquilles et 150 mgr/l pour les vins blancs tranquilles.

Interdiction d’utilisation de levures dites aromatiques  pour préserver la typicité des terroirs.

Limitation au recours de la macération préfermentaire à chaud de façon aussi à préserver l’expression des terroirs. 

3. Mise des vins sur le marché

Ils s’imposent un prix de vente à la bouteille de minimum 5€ HT aux professionnels et 10€ TTC aux particuliers de façon à tirer la qualité vers le haut et créer ainsi une gamme de vins avec un niveau de qualité plus premium.

4. Revendication de l’appelation « Beaujolais-Lantignié »

Les vins en concordance avec ce cahier des charges pourraient revendiquer l’appelation « Beaujolais-Lantignié » et les autres continueront à se nomme « Beaujolais-Villages ».

5. Quid d’un timing

Dès la fin de l’année 2018, une marque collective a été crée afin de lancer concrètement le projet avant d’envisager toute reconnaissance officielle de l’INAO. 

Frédéric Berne, l’un de ces jeunes viticulteurs de Lantignié……

Frédéric Berne après ses études en Viti Oeno travaille dans plusieurs domaines avant de s’engager en 2013 en métayage au château des Vergers propriété de la famille Bassouls.

Né dans les années 80, avec la révolution verte, Frédéric a d’emblée choisi la voie de l’agro-écologie en se libérant des produits de synthèse, en travaillant ses sols pour ne plus utiliser d’herbicides, en utilisant des engrais verts pour nourir ses sols, en régulant la quantité de raisins de sa vigne.

Voici 3 de ses vins……

Harmonie Beaujolais Lantignié 2017

Le nez est expressif, fin et élégant sur des notes florales et de fruits rouges framboise, cerise, fraise.  La bouche se révèle souple, juteuse mais équilibrée sur des arômes de cerise griotte infusée à l’alcool avec des notes de noyau et de réglisse. Un vin subtil et élégant avec des tanins soyeux.

Granit Rose Beaujolais Lantignié 2017

Le nez est intense et délicat sur des notes de coulis de fruits rouges bien mûrs avec une fine pointe végétale de bon aloi. la bouche affiche d’emblée une belle matière presque gourmande, veloutée et soyeuse. On perçoit des arômes de cerise griotte à l’alcool, de violette avec en finale le noyau de cerise. Des tanins fins tapissent le palais en fin de dégustation. Belle longueur. Attendre idéalement 1 an et ce sera parfait.

Morgon Corcelette 2016

Le nez est encore sur la réserve révèlant des senteurs de chair de cerise bien mûre écrasée. La bouche révèle une matière pleine, généreuse issue d’une vendange bien mûre. On y trouve la myrtille, la griotte, et de fines séquences de cacao et de toasté vanillé. La matière est encadrée de tanins encore bien présents mais mûrs et non austères; ces derniers permettant d’attendre le vin 1 an voire 2. A carafer si on le boit maintenant.

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Gevrey Chambertin 2017 Dégustation du Roi Chambertin

2017 a offert à Gevrey Chambertin une magnifique récolte tant en volume qu’en qualité de raisins. Pour résumer l’année :

• Hiver froid.

• Début de printemps sec et assez chaud . Conséquence : débourrement de la vigne précoce dès fin mars. Gelées fin mars sur les 1ères feuilles. Les vitis se mobilisent pour brûler de la paille au bord des vignes.

• Floraison dès fin mai par temps chaud et très rapidement en 3 jours. Ce qui laissait espèrer une vendange début septembre avec beaucoup de raisins.

• Juin fut très chaud avec des t° élevées ce qui durcissa la peau des raisins. Orages sans grêle ensuite, les baies ont grossi avec des peaux solides qui ont résisté aux mildiou et oïdium.

• Fin juillet, la véraison (les grains passent du vert au rouge) s’engage harmonieusement avec de grosses grappes parfois compactes et toujours saines.

• Août chaud et sec, la maturation des raisins s’accélère avec un gain en sucre rapide. A la fin du mois, arrivée des pluies qui permirent la maturité essentielle pour la qualité du millésime.

• Les vendanges commencèrent le 6 septembre.

Conclusion globale: Les volumes sont généreux après 2 années de disette, Les maturités sont bonnes, les vins très charmeurs avec des degrés modérés.

Dégustation du Roi Chambertin…une centaine de vins de 41 viticulteurs

Dans les Villages : Sylvie Esmonin mène la danse avec des matières concentrées, son vieilles vignes encore davantage, mais avec de l’élégance et de la pureté et un boisé certes bien présent mais quand même bien intégré. Charlopin vieilles vignes au nez racé, bouche puissante, corsée et un élevage subtil. Naigeon Meix Bas à la bouche concentrée,fruitée et épicée (clou de girofle et poivre). Mortet Thierry un exemple de pureté de fruit, de finesse et d’élégance. …Une profusion de bons villages et une qualité d’ensemble cohérente.

Dans les 1er crus : Bruno Clair Les Cazetiers : avec une bouche concentrée mais élégante, encore marqué par l’élevage et les épices. Sylvie Esmonin St Jacques, nez complexe et une bouche élégante mais ample, gourmande et bien élevée. Leclerc Philippe Cazetiers, au nez intense et corsé, la bouche concentrée, corsée, riche avec une belle allonge. Mon coup de cœur : Gallois Dominique La Combe aux Moines à la robe concentrée, le nez riche sur les fruits bien mûrs avec des nuances boisées, la bouche est aussi riche et du même gabarit aromatique que l’olfactif.

Les Grands crus se caractérisent dans leur ensemble par une grande cohérence dans la finesse, l’élégance, encore bien marqués par le fut. Ils sont expressifs, parfumés et corsés. Difficile de mettre en exergue dans la grande qualité d’ensemble un cru en particulier, néanmoins je citerais le Charmes Chambertin de Humbert Frères par son élégance, sa richesse, sa race et son allonge. Quelques cuvées issues des vignes en haut de coteaux se révèlent un peu plus minces.

Frédéric Berne et son Beaujolais Nouveau Né

http://www.fredericberne.com/

De son Beaujolais Nouveau issu du grand millésime 2018, Frédéric en parle avec plaisir et il a le droit d’être fier de son beau bébé. D’abord il est issu d’un tout grand millésime… de soleil et surtout de parfaite maturité, les raisins étaient au top de ce que l’on peut espèrer. Et c’est un vrai vin, loin des schémas qui ont écornés l’image et la réputation des Beaujolais primeurs. Donc loin des régimes de bananes, des parfums isoamyliques trop prononcés; on est vraiment dans le beau fruit rouge exprimé par une fermentation classique au cours de laquelle on a recherché la pureté du fruit natif du cépage gamay.

Bref, on découvre au nez de beaux parfums de fruits rouges fraise, framboise, cerise griotte mûre. En bouche, d’emblée un bel équilibre entre l’acidité et les tanins étonnament mûrs et donc non prédominants. Une sensation globale séduisante et très aboutie pour un vin si jeune.

Ce Beaujolais Primeur est assurément une belle introduction à ce que sera l’ensemble de la gamme des Beaujolais 2018 du domaine.

Les beaujolais Primeurs reviendront en force si tous les viticulteurs de cette belle région travaillent dans le même sens que Frédéric ! 

Coût d’un hectare de vigne en France….

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Le prix moyen des vignes des principales appellations en 2017.

Idealwine s’est procuré le rapport annuel de la Safer sur le prix des terres, et en voici la synthèse. Presque partout, le prix des vignes est à la hausse, surtout dans les appellations les plus prestigieuses.

A Bordeaux

(prix d’un hectare de vigne, évolution par rapport à l’année précédente)

Pauillac : 2 000 000 €/ha1 (-0,79%)
Saint-Estèphe : 450 000 €/ha (+17,49%)
Saint-Julien : 1 200 000  €/ha (-0,79%)
Moulis : 80 000 €/ha (-0,7%)
Listrac : 75 000 €/ha (-0,8%)
Pessac-Léognan :  450 000 €/ha (-0,8%)
Sauternes : 30 000 €/ha (-15%)
Pomerol : 1 500 000 €/ha (+14,5%)
Saint-Emilion : 250 000 €/ha (+7,85%)
Fronsac : 30 000 €/ha (-15%)

En Bourgogne

Les grands crus : 6 000 000 €/ha (+8%)
Les premiers crus blancs : 1 536 000 €/ha (+4,1%)
Les premiers crus rouges : 650 000 €/ha (+2,3%)
Chablis : 164 000 €/ha (+4,99%)
Chablis premier cru : 350 000 €/ha (+0,3%)
Mâcon blanc : 65 000 €/ha (-0,8%)
Pouilly-Fuissé : 240 000 €/ha (-0,8%)

En Champagne

Côte des Blancs : 1 472 200 €/ha (-4,7%)
Côte d’Epernay, Grande Montagne : 1 188 900 €/ha (-0,19%)
Autres régions (Marne) : 1 040 000 €/ha (+1,17%)
Aube : 1 004 100 €/ha (+2,52%)

Dans le Rhône

Saint-Joseph : 120 000 €/ha (+9%)
Hermitage : 1 100 000 €/ha (-0,8%)
Cornas : 450 000 €/ha (-0,8%)
Crozes-Hermitage : 120 000 €/ha (+8,21%)
Châteauneuf-du-Pape : 405 000 €/ha (+3%)
Gigondas : 180 000 €/ha (-0,8%)
Vacqueyras : 90 000 €/ha (-0,8%)
Ventoux : 20 000 €/ha (+10,5%)

Dans la Loire

Sancerre : 160 000 €/ha (+9,44%)
Pouilly-Fumé : 155 000 €/ha (-0,8%)
Bourgueil : 20 000 €/ha (1%)
Chinon : 22 000 €/ha (-1%)
Montlouis-sur-Loire : 9 000 €/ha (+11,1%)
Vouvray : 21 000 (-1%)
Saumur : 14 000 €/ha (+2,9%)
Touraine : 8 000 €/ha (-1,2%)
Anjou : 14 000 €/ha (+6,87%)
Saumur (Maine-et-Loire) : 19 000 €/ha (-1%)
Saumur-Champigny : 58 000 €/ha (0%) (un chiffre qui ne prend pas en compte le rachat du Clos Rougeard par Martin et Olivier Bouygues en 2017, ce qui traduit des choix méthodologiques spécifiques.)
Muscadet : 10 000 €/ha (-1%)
Muscadet Sèvre-et-Maine : 12 000 €/ha (-0,8%)

En Alsace

Alsace (Bas-Rhin) : 106 000 €/ha (+6,1%)
Alsace (Haut-Rhin) : 153 600 €/ha (+6,7%)

Dans le Jura

Arbois : 36 000 €/ha (-0,8%)
Château-Chalon : 55 000 €/ha (-0,7%)
Côtes du Jura : 27 000 €/ha (+3%)
L’Etoile : 23 000 €/ha (+3,6%)

Dans le Sud-Ouest

Jurançon : 40 000 €/ha (-0,7%)
Madiran (Pyrénées-Atlantiques) : 15 000 €/ha (-0,7%)
Madiran (Hautes-Pyrénées) : 18 000 €/ha (-0,5%)
Madiran (Gers) : 16 000 €/ha (-0,6%)

Dans le Languedoc -Roussillon

Fitou : 11 000 €/ha (-0,9%)
Languedoc – Pic Saint-Loup : 40 000 €/ha (+4,44%)
Languedoc – Terrasses du Larzac : 20 000 €/ha (+16,96%)
Saint-Chinian : 12 000 €/ha (-0,8%)
Faugères : 16 000 €/ha (-0,6%)

En Provence

Cassis : 100 000 €/ha (-0,8%)
Bellet : 245 000 €/ha (-0,8%)

En Corse

Calvi : 18 000 €/ha (-28,6%)
Patrimonio et Coteaux du Cap Corse : 40 000 €/ha (-0,7%)
Ajaccio : 25 000 €/ha (+23,8%)
Vin de Corse (Figari, Sartène, Porto-Vecchio) : 25 000 €/ha (-0,8%)

1 Prix moyen (€ constants /ha) ; variation 2017/2016.

Source : Safer via le site de Idealwine

https://www.idealwine.net/combien-coute-un-hectare-de-vigne/?utm_campaign=FR_Journal_20181020&utm_content=23742083582&utm_medium=FID-EMAIL&utm_source=JOURNAL

Les vendanges 2018, en direct du Languedoc…les sentiments d’un œnologue au four et au moulin!

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Sébastien Martin est dans les feux de l’action, il gère les vendanges de plusieurs domaines du Languedoc; il nous livre ses sentiments en ce début octobre….

(Photos de Sébastien Martin)

Avant la vendange, une situation théorique…..

Un millésime exceptionnel se présageait : pluies reconstituant les réserves cet hiver, un orage mi juillet assorti de celui de mi août, un bel ensoleillement pour finir sur une saison exceptionnellement longue puisqu’il fait un temps d’été jusqu’à ces derniers jours … de quoi appréhender le millésime calmement et sereinement.

Oui Mais….

C’était sans compter les chaleurs écrasantes de cet été. Et la crise de mildiou qui a sévit suites aux pluies de cet hiver qui ont eu le défaut, pour certains viticulteurs qui se sont fait surprendre, d’empêcher de traiter correctement. Les conséquences en sont parfois dramatiques en termes de quantités.

Pour les producteurs qui ont pu cadencer leurs traitements de façon intensive, la récolte s’avère pléthorique puisque la floraison aura été généreuse.

Les fortes chaleurs et leurs conséquences…..

Les fortes températures de juillet et août ont eu des conséquences également sur la qualité des raisins au niveau tannique et dans le cadre de la maturité phénolique. La plante a produit des tanins verts difficiles à mûrir. D’où un durée de vendanges significative accentuée par la charge portée par les pieds. Des raisins « à prendre avec des pincettes » donc pour ne pas obtenir des vins tout aussi verts et maigres.

Les fortes chaleurs induisent le flétrissement par evaporation de l’eau. Et parfois, pour les grappes surexposées au soleil, une grillure, du dessèchement s’en suivent.

La situation sanitaire a également engendré une incohérence des calendriers de récolte. Nous avons vendangés les cépages dans le désordre total puisque chaque parcelle avait sa propre charge, son propre état sanitaire (le mildiou entraine une chute des quantités sur souches) ainsi que les objectifs pour lesquels elle est attitrée.

Le choix de la date de vendange……

La patience est donc à nouveau le maître mot des œnologues qui auront dégusté les parcelles dans l’attente de la bonne maturité phénolique (*): les bons tanins, soyeux et les arômes de fruits prennent la place des saveurs herbacées (odeurs végétales, amertumes et verdeur).

Malheureusement, les prévisions météo pessimistes précipitent les décisions et nous poussent à récolter pas très loin de cet objectif : beaucoup de travail nous attend donc semaine prochaine pour travailler tous ces moûts rentrés rapidement.

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Aux petits soins pour la vendange…..Rien de tel que la vendange manuelle!

La vendange au chais…..

La phase de vinification : toute en prudence pour ne pas trop extraire, rester féminin et moderne … les méthodes sont donc à repenser pour ne pas commettre d’erreur et rester dans le plaisir.

Un millésime enthousiasmant et enrichissant par les remises en cause qu’il nécessite et parce que la nature et le climat mettent encore plus en exergue les spécificités de chaque cépage et terroir cette année.

(*)Il existe des analyses pour les polyphénols, mais je déguste sur parcelle. Cela permet d’ apprécier la globalité de la situation pour prendre une décision : état sanitaire, feuillage et exposition de la parcelle.

Cette rubrique en direct du terrain témoignent de la difficulté du métier d’œnologue.

 Je vous l’avais dit….l’œnologie, c’est comme la médecine …..tout un ART !languedoc 2018 Coucher soleil (Copier)

Les vendanges au château Cheval Blanc

Une journée de vendange racontée par Angelique de Lencquesaing 28 septembre 2018

Le week-end dernier, on vendangeait ! En direct du Château Cheval Blanc, récit d’une journée un peu rare, en immersion au sein d’une équipe formidable.

L’adorable équipe du Château Cheval Blanc n’est jamais à court d’idées. Surtout quand il s’agit d’ouvrir généreusement les portes de sa belle propriété pour y accueillir amis, sommeliers, négociants et amateurs. Les Vendanges « off » sont de ces évènements que l’on ne manquerait sous aucun prétexte. D’autant qu’elles sont devenues une institution, depuis que Pierre Lurton a initié cette journée destinée à remercier l’ensemble des acteurs qui avaient contribué à façonner le nouveau chai, conçu par Christian de Portzamparc et inauguré en 2011. Quelle journée ! Allez, c’est parti.

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Le meilleur petit-déjeuner du monde ! Là, l’équipe de vendangeurs d’un jour se réchauffe doucement aux premiers rayons du soleil sur les toits du chai en écoutant le briefing.  Souriant et calme, Pierre-Olivier Clouet, Directeur technique de Cheval Blanc, nous décrit le terroir protéiforme de la propriété. 39 hectares, 53 parcelles, 10 types de sol, trois cépages et des vignes plantées entre 1920 et 2018 : le vignoble de Cheval Blanc est assurément un « orchestre symphonique » selon les termes de Pierre-Olivier, qui manie la baguette avec autant de souplesse que de simplicité. Avec lui, tout parait facile. La journée s’annonce bien.

Chacun de nous vendange sous le contrôle d’un pro du domaine. Pierre Lurton connait Cheval Blanc comme sa poche. Normal, il a rejoint la propriété en… 1991. Il me confie aux mains expertes de la très énergique Steffanie.

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Regardez comme ces raisins sont magnifiques. Vous aurez bien sûr reconnu les merlots, issus d’une parcelle plantée dans les années soixante (les vignes sont à peine plus âgées que moi, quelle vitalité !). Contrairement à nombre de propriétés de Saint-Emilion, le merlot n’est pas majoritaire à Cheval Blanc. Le cépage phare du vignoble, ici, c’est le cabernet franc. Et ça fait 150 ans que le propriétaire de l’époque, Jean Laussac-Fourcaud en a décidé ainsi. Sa présence à 60% dans l’assemblage lui confère un statut qui distingue Cheval Blanc de tous les autres. Plus tardif, il ne sera récolté que début octobre.

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S’agenouiller. Couper. Ne pas se couper (les doigts). Regarder les grappes tomber délicatement dans les paniers. Se relever, glisser d’un petit mètre. Recommencer. Mon cours de barre au sol du samedi matin, en comparaison ? Une plaisanterie.

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Le ratio, c’est un porteur pour quatre vendangeurs. Les raisins sont ensuite rapidement acheminés jusqu’au chai. Les vendanges s’étalent cette année sur près d’un mois. Selon la jolie expression employée par Pierre-Olivier Clouet, une cinquantaine de fidèles vendangeurs « picore » de parcelle en parcelle pour récolter les raisins à leur exacte maturité. C’est l’une des obsessions de Cheval Blanc. Conserver au vin son expression florale et sa fraîcheur élégante, éviter à tout prix la sur-maturité, la confiture ou le pruneau.

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Vous l’apercevez, le chai, au fond de la rangée ? C’est long, un rang de vigne… Au cours de la matinée, nous aurons vendangé un hectare entier. Et il parait que « nos » raisins sont de qualité suffisante pour entrer dans le grand vin. La consécration, en quelque sorte.

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Retour au chai. Attention, les raisins vendangés ce matin ne seront triés que demain. Pour l’instant, ils se reposent, au frais. Traitement VIP. Ils seront au passage soigneusement pesés, afin de déterminer la contenance de la cuve dans laquelle ils vont être vinifiés. C’est ça, la vinification parcellaire. Pas de mélange. Nous trions donc les baies récoltées hier, pour écarter celles qui ont souffert du mildiou.

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Impressionnante et redoutablement efficace, la machine à érafler.

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Deuxième étape de tri des baies. A ce stade, on n’a pas vraiment envie d’écarter grand-chose cette année. Du caviar…

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Passionnante, la dégustation des jus issus de parcelles aux caractéristiques distinctes. Le jus plus clair est issu de raisins fraîchement récolté. Savoureux. Celui qui est vient d’un sol composé d’argiles bleues recouvertes d’une roche riche en oxyde de fer (le 3e en partant de la gauche) dévoile de succulents arômes de pêche… de vigne :-). Mais il parait que ceux-ci s’estompent avec le temps. On en redemande.

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La cartographie des terroirs de Cheval Blanc démontre le soin avec lequel est mené ce vignoble, véritable mosaïque de sols dont la variété est sans équivalent à Saint-Emilion : de l’argile, des croupes de graves, du sable : rien ne manque. Nicolas Corporandy, chef de culture, n’a pas son pareil pour vous décrire le soin avec lequel chacune des parcelles est cultivée, à la manière d’un jardin. Ici, on pratique la culture raisonnée du vignoble, on utilise des engrais naturels, on laboure. On ne veut pas entendre parler de bio à Cheval Blanc, mais pas pour de mauvaises raisons. Nicolas Corporandy se refuse à faire usage du cuivre, matériau lourd qui abîme durablement les sols. En revanche, il suit attentivement les récents essais menés à base d’algues, pour lutter contre le mildiou. Une alternative au cuivre ? A suivre…

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Article issu du blog d’Idealwine
https://www.idealwine.net/vendanges-off-2018-une-carte-postale-du-chateau-cheval-blanc/?utm_campaign=FR_Journal_20180929&utm_content=23742083582&utm_medium=FID-EMAIL&utm_source=JOURNAL

 

 

 

 

 

 

 

 

Portrait de Sébastien Martin, œnologue languedocien et gérant d’ALTEROENO

La profession d’œnologue est mal connue du grand public et même des oenophiles, l’œnologue est souvent perçu comme le chimiste interventionniste manipulant la vinification et le vin.

Démystifions cette profession complexe au travers de l’activité de Sébastien et au travers de la société ALTEROENO, société de consultance technique, qui procure assistance à de nombreuses propriétés languedociennes.

Sébastien Martin obtient son diplôme national d’œnologue (*) à la faculté de Montpelier en 1997. De 1998 à 2004, il partage son temps d’œnologue volant entre la France, le Royaume uni, l’Espagne, l’Australie et le Chili. De 2004 à 2010, il dirige la cave coopérative de Florensac dans l’Hérault. Depuis 2010, il joue le rôle de consultant transversal au sein de la société languedocienne ALTEROENO (**) dont il est le gérant.

SBM

JN Gosselin : Sébastien, comment la société Alteroeno appréhende-t-elle sa mission de consultance compte tenu de l’évolution de la viticulture languedocienne ?

Sébastien : Il y a d’abord notre désir de faire émerger de nos terroirs des crus à forte personnalité, identitaires qui mettent en lumière la vision et le travail ardu de nos producteurs.

Ensuite, la société Alteroeno se doit de répondre au besoin de notre société qui exige non seulement des produits d’une qualité organoleptique irréprochable, mais exige en plus de la part des producteurs qu’ils fassent preuve d’une attitude éco-responsable dans la gestion de leur propriété. Alteroeno veut donc s’inscrire totalement dans un partenariat qui répond à cette double exigence sociétale.

JNG : Cela veut-il dire qu’Alteroeno promeut une viticulture Languedocienne s’orientant à terme vers le 100% bio… ?

Sébastien : Le viticulteur est d’abord un artisan, un homme de la terre cultivant sa vigne avec passion, conscient qu’il doit fournir un produit d’une qualité sans cesse croissante. Cet aspect des choses l’oblige à innover, s’adapter et à revoir sans cesse ses méthodes de culture et de production. C’est une vision nouvelle qui exige de sa part une attention, une rigueur et une remise en question de tous les instants, tous les paramètres sont importants dans cette profession. AlterOeno doit aller dans le même sens et doit même être un précurseur; c’est donc un challenge qu’elle se doit de relever dans son partenariat avec les producteurs. La démarche vers le bio de toute l’activité languedocienne s’inscrit donc dans cette évolution qui semble à terme inéluctable. Alteroeno synthétise l’ensemble de ses compétences afin d’opérer en tant que maître d’œuvre pour des projets viticoles authentiques et enthousiasmants à destination finale de consommateurs oenophiles exigeants et responsables. Nous vivons notre passion par le biais de nos partenaires. Nous travaillons dans un environnement naturel exceptionnel, chaque exploitation a son âme particulière qui pour nous est source de plaisir et d’inspiration.

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       Vignes de Château Figuières dans l’AOP La Clape, propriété partenaire d’Alteroeno

JNG : Alteroeno, Chef d’orchestre et Chef étoilé…. ?

Sébastien : Ces deux fonctions résument notre rôle pour aboutir à un produit à chaque fois unique d’Excellence tant au point de vue sensoriel que sanitaire. Loin de l’hyper connectivité et de ses algorithmes, notre métier est d’abord baigné de sensations et de passion sans oublier le côté rationnel de notre assistance technique. Nous sommes en quelque sorte des gastronomes car le vin est d’abord générateur de plaisir sensoriel mais aussi des chefs d’orchestre car notre consultance ressemble à certains égards à une partition de musique.

JNG : Concrètement, comment s’opère l’assistance œnologique pure, je pense particulièrement aux analyses que votre laboratoire effectue au cours d’une année et surtout à partir du moment où la vendange rentre au chais ?

Sébastien : nous dégustons les baies de chaque parcelle que nous suivons, de sorte à pouvoir définir le profil de maturation, donc la future date de récolte en fonction des objectifs vin. Cette date se trouve souvent dans un créneau très court au-delà duquel nous parlerons de surmaturité, il faut donc être très réactif. Cette étape nous permet également d’affiner les process que nous emploierons pour la phase de vinification. Alteroeo ne réalise pas d’analyses, les domaines les sous-traitent aux laboratoires habituels.

À partir de l’instant de la récolte, nous sommes présents afin de calibrer les équipements, valider les compétences dans le but de préserver la qualité intrinsèque des raisins jusqu’au stade de la mise en bouteille. Et passer le plus souvent possible supporter nos vignerons dans les décisions quotidiennes.

JNG : Quelle est votre approche dans l’usage des sulfites auprès de vos propriétés partenaires ? Je présume que vous préconisez un usage parcimonieux minimal ?

Sébastien : le SO2 est nécessaire dans le cycle de conservation des mouts et des vins. Notre indicateur est le SO2 total, qui doit être le plus faible possible. D’où une gestion des autres paramètres tels que l’hygiène, la cadence d’ajout, la dose ajoutée pour être efficace et ne pas agréger.

JNG : On goûte encore souvent des vins qui apparaissent lourds, peu élégants, confiture de fruits rouges oxydée, parfois même des arômes proches de la tisane de bois et qui sont le résultat entre autre d’élevage inadéquat en barrique âgée. Par contre, heureusement d’autres apparaissent comme précis aromatiquement, proches du fruit cueilli à juste maturité et dont on a tout fait ensuite pour préserver cet état frais et élégant. Vos partenaires sont ils conscients que seule la seconde option sera payante dans l’avenir ?

Sébastien : j’ai débuté ma carrière sous l’égide des goûts inhérents au marché anglais. Cela m’a appris les gestes techniques qui vont dans le sens de la finesse et de l’intensité aromatique. Mes clients producteurs sont des amateurs avertis, dont une part significative de femmes. Nous œuvrons donc d’un commun accord pour libérer le fruit et la finesse de leurs raisins. Déguster les baies de chaque parcelle me permet de déclencher la récolte avant cet état de surmaturité.

(*) A Montpellier Sup Agro, la formation d’œnologue est uniquement accessible aux étudiants inscrits au diplôme d’ingénieur agronome, option viticulture-œnologie, ou aux étudiants inscrits au Master International « Sciences et technologies de l’agriculture, de l’alimentation et de l’environnement «  option Vigne et Vin, ou aux titulaires d’une licence dans les domaines des sciences biologiques, chimiques, biochimiques, agronomique.

(**) AlterŒno Services est une entreprise Languedocienne qui assure la gestion technique et commerciale de plusieurs domaines viticoles. Elle accompagne les propriétés sur des missions transversales tant en appui technique (optimisation des styles, de la valeur ajoutée, de l’ergonomie des procédés) que stratégique (management de transition, projets stratégiques d’entreprise, accompagnement des dirigeants et des salariés). Elle est située à Tressan dans l’Hérault.